Portrait de Carbay au début du XX ème siècle par les cycles 3

   

Nos deux panneaux sur l'histoire de Carbay

à partir du recensement de 1911 (archives municipales), registre des inscrits (archives de l'école)

Carbay  est un petit village de Maine-et-Loire à l'ouest de la France. Avant la guerre en 1911, il y a 274 habitants (215 aujourd'hui).

L'agriculture au coeur de la vie

La population

Les soldats de Carbay

Carbay pendant la guerre

Photo de Carbay prise dans les années 30, on y voit les roues que fabriquaient le charron.

 

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L'agriculture au coeur de la vie

A cette époque en 1911, il y avait plus de fermes que maintenant. Dans le recensement de 1911, on en compte au moins 36. Aujourd'hui il n'en reste que 11 parce que les fermes sont plus grandes, qu'il y a des machines et qu'il y a beaucoup moins d'agriculteurs pour produire plus qu'avant.

Dans le tableau des métiers, on a 148 personnes qui travaillent la terre. Cela fait 56% des gens du village. C'est très important.

Dans ce tableau on remarque aussi de nombreuses personnes qui travaillent autour du cheval :

4 forgerons - 5 charrons - 1 hongreur (10 personnes)

                   

Aujourd'hui tous ces métiers ont disparu dans notre bourg. On peut imaginer qu'en 1911, le bourg était souvent traversé par des chevaux et des charrettes. On devait entendre les bruits de la forge, des sabots dans la rue, le marteau du charron. Tous ces métiers animaient le bourg.

En plus, il y avait au moins 6 fermes en plein bourg. Les troupeaux de vaches y passaient souvent pour rejoindre les étables. Les rues n'étaient pas goudronnées. Elles étaient gravillonnées ou en terre et très souvent sales. Le fumier des fermes étaient souvent mis sur le bord des routes. Les charrettes étaient vite sales l'hiver en traversant le bourg.  Il n'y avait pas encore ni automobiles (néant sur les inventaires de véhicules de l'époque), ni électricité, ni eau courante (mais de nombreux puits)

C'était une commune pauvre qui vivait au rythme des travaux des champs. On ne passait pas souvent à Carbay.

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La population

A partir du recensement de 1911, on a appris à construire une pyramide des âges. C'est un graphique qui représente toutes les tranches d'âges du village.

Grâce à cette pyramide, on a pu faire des calculs et on a appris à utiliser les pourcentages. On a d'abord calculé tous les âges des habitants (1911 moins les dates de naissance). Puis on a regroupé toutes les tranches d'âge de 5 ans en 5 ans.

A Carbay, en 1911 on a compté qu'il y avait :

25 Anciens        + de 60 ans 9% d'Anciens 17 % d'Anciens
21 Anciennes    + de 60 ans 8% d'Anciennes
46 garçons        - de 20 ans 17% de garçons 33 % de jeunes
45 filles            - de 20 ans 16% de filles
74 hommes          20-60 ans 27% d'hommes 50 % d'adultes
63 femmes          20-60 ans 23% de femmes

d'après le recensement de 1911

D'après ce tableau on peut dire que :

1- Il y a autant de femmes que d'hommes de plus de 60 ans. C'est la population la moins nombreuse.

2 - Il y a 2 fois plus de jeunes que d'anciens.

3 - La moitié de la population est adulte, en âge de travailler.

Carbay est donc un village où il y a beaucoup d'adulte (1 habitant sur 2), et de jeunes (1 sur 3). On avait besoin de bras pour travailler la terre à cette époque, où il y avait très peu de machines. Les familles étaient  souvent nombreuses.

Au centre du village, on devait souvent croiser le maire Mr Jules Bodinier, discutant avec l'abbé Poirier, ou l'instituteur Mr Laiyet, arrivé d'Angers. Une foule de personnage devait se rencontrer : le cantonnier réparant les routes, la lingère allant au lavoir, la couturière chez qui on emmenait son linge à réparer. On trouvait sur la place du village une épicerie et des cafés. Carbay était à l'époque un village très croyant et pratiquant . Il devait y avoir de nombreuses fêtes religieuses comme sur cette photo des années 50.

L'école publique avait 18 ans en 1911. Elle se trouvait à l'actuelle mairie.

L'école publique est devenue obligatoire et gratuite pour tous par la loi de Jules Ferry de 1882. L'année suivante Carbay en avait une en 1883. On a conservé le registre de l'école depuis cette date.

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Les soldats de Carbay

Sur les 18 mobilisés de Carbay, 8 sont nés dans la commune et 6 sont allés sur les bancs de notre école publique. Dans le registre de l'école, l'instituteur notait des appréciations pour chaque élève. Il se plaignait souvent de l'absence répétée des enfants qui restaient à la ferme pour aider. Sur les 6 futurs soldats, tous sont devenus cultivateurs. Sur le registre le maître de l'époque marque "se destine à l'agriculture". Aucun n'a fait des études longues. Le travail à la ferme était le plus important. Ils n'allaient à l'école que parce que c'était obligatoire.

Les autres soldats sont nés dans d'autres communes. Ils habitaient Carbay car ils sont venus y travailler, ou se marier comme Ernest Dalifard. Mais il a dû partir un mois après son mariage seulement.

bullet Carbay pendant la guerre

Le 2 août 1914, les cloches sonnent à Carbay pour annoncer la guerre. Tous les habitants ont dû se précipiter vers la mairie pour lire l'ordre de mobilisation. A cette époque de l'année, à Carbay comme dans les campagnes, ce sont les moissons. Si les gens étaient plus heureux de partir (la fleur au fusil), à Carbay les gens sont très inquiets. Quand reviendront nos maris, nos fils ? Qui va finir les moissons ?

Certains soldats comme Joseph Chevalier ou François Bonneau étaient partis faire leur service militaire. Joseph Chevalier est mort le 3 août premier jour de la guerre. François Bonneau est tué dans l'est 3 semaines après. Au mois d'out il y a déjà deux morts de Carbay. Le maire Jules Bodinier a dû recevoir les télégrammes qui annonçaient leur décès. Il a sans doute fallu qu'il aille au Perray puis à la Chaussée pour annoncer les terribles nouvelles aux familles. Il devra se déplacer comme cela plusieurs fois.

6 fois en 1914 - 5 fois en 1915 - 1 fois en 1917 - 5 fois en 1918

L'année 1914 a été horrible pour nos soldats :

2 tués en août - 1 en octobre - 2 en novembre - 2 en décembre

Tout le monde disait que la guerre serait finie à Noël. Les gens de Carbay devaient avoir du mal à croire cela.

Durant ces 4 années de guerre, les femmes de paysans vont devoir s'occuper seules des enfants et des fermes. Leur travail devait être énorme. Mr Jacobzone nous a apporté des Archives départementales un document de St-Sauveur de Flée près de Segré. Il montre une liste de femmes qui se sont distinguées dans leur commune pour leur courage à devoir tout faire.

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