Le VANNIER

("La chanson du vannier")

 

préambule

    En ce moment, nous sommes en train de découvrir ce vieux métier qu'on exerçait, autrefois, dans nos campagnes. A Carbay, Mr Coterel reste une des rares personnes à posséder ce savoir. Sébastien Guillet, 20 ans, un jeune de notre commune, a choisi de reprendre sa suite pour ne pas voir disparaître une grande richesse de notre patrimoine. Prochainement, Sébastien et Mr Coterel devrait passer à l'école pour nous faire partager leur passion. En attendant, nous avons choisi de mettre en ligne le magnifique dossier que Sébastien a préparé et qu'il est venu nous apporter. S'il vous intéresse, n'hésitez pas à nous écrire pour tous renseignements. On lui transmettra.

Les élèves de Carbay

 

 l'art du panier, patrimoine paysan, et bien plus...

 

Sébastien Guillet est un jeune garçon de Carbay qui a décidé de rédiger ce dossier afin de conserver le plus clairement possible les étapes élémentaires de fabrication des paniers dits "traditionnels", mais aussi pour rendre hommage à Auguste MINIER (son grand-père) et à Joseph COTEREL (habitant de Carbay) : " je leur serai reconnaissant toute ma vie car ils m'ont transmis leur savoir-faire avec énormément d'amour et de générosité. Les moments passés à leurs côtés au cours de mon apprentissage extensif, resteront à jamais de merveilleux souvenirs. Ces deux personnes me manqueront terriblement, néanmoins en perpétuant leur art, je resterai toujours auprès d'eux et continuerai à exprimer une éternelle gratitude pour des "petits vieux" que j'aime tant."

 

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Matériaux à utiliser : 

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Jeunes pousses de châtaigniers (âgées de un ou deux ans), osiers naturels (jaune, vert, "queue de rat"...) ou blanc (faire bouillir l'osier pendant une heure et le peler ensuite comme une anguille), un petit marteau, des pointes de différentes grosseurs (plutôt petites), de la ficelle de cuisine, un couteau bien affûté (un "coutiau"), un fendoir d'osier ( un "fendoué"), un poinçon (un "piq'jeud"), un morceau de tissu ("un ganapiau").

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1-/ Fabrication de l'anse :

 

Prendre une branche bien droite de châtaigniers, la tordre délicatement avec l'aide du genou afin d'assouplir le bois. Ensuite, faire une boucle avec le châtaignier, gratter de part et d'autre et pointer au milieu ainsi qu'à chaque extrémités.

Dans le cas présenté ici, il s'agit de la fabrication d'un panier naturel, c'est à dire, que l'on ne pèle pas le bois, néanmoins, sur l'anse ainsi que sur tous les autres rameaux de châtaigniers, on doit enlever les yeux pour éviter de former des bosses lorsque l'on tresse.    

 

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2-/ Mise en place du "tour" :

 

Fendre une belle branche de châtaigniers en deux, pour séparer les deux côtés pareillement, il faut toujours appuyer la lame du couteau sur le côté le plus fort.
Ensuite il faut bûcher les deux morceaux de bois qui serviront à la réalisation du "tour". Lorsque l'on "bûche", il faut faire attention à l'épaisseur que l'on laisse, plus c'est fin, plus c'est facile à travailler, cependant c'est plus fragile.       
Après avoir déterminé la longueur du panier, on ajuste la longueur des deux morceaux de bois servant à la fabrication du "tour" et l'on travaille avec le genou ses angles (carrés ou ronds). On doit bûcher les extrémités des bois sur quelques centimètres en épaisseur décroissante, pour chaque côté on effectue un bûchage sur l'écorce et l'autre sur la moelle.

 

Après, on place ces deux morceaux à l'intérieur de l'anse, ils doivent être juxtaposés différemment, en effet une extrémité est mise sur l'extérieur du morceau et l'autre à l'intérieur. 

 

On place le tour "à l'ouille" (à l'oeil), en fonction de la profondeur que l'on souhaite et l'on ficelle les deux morceaux ensemble, après cela, on peut pointer le tour sur l'anse (deux pointes de chaque côté)

 

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3-/ Fabrication des yeux du panier :

 

Choisir un long brin d'osier et le fendre en trois avec le "fendoué". Ensuite on gratte l'osier pour le rendre souple, et attention comme disait le vannier : "c'est l'osier qui bouge, pas le couteau, si tu fais le contraire, le couteau est quelquefois trop gourmand et mord l'osier".

Quand on gratte l'osier ou le châtaignier, on place sur ces genoux un "guanapiau", ce morceau de tissu évite d'abîmer la culotte
On peut maintenant procéder à la réalisation de l'oeil, on débute toujours avec le bout le plus fin de l'osier que l'on coince derrière l'anse, après on tourne autour de l'intersection du tour et de l'anse. Une fois que les yeux sont terminés, il faut arrêter l'osier sur un côté du tour en le coinçant par dessous le maillage de l'oeil, on les pointe également pour éviter qu'ils se desserrent
Ensuite l'on peut réajuster les angles du tour, et on remonte délicatement "le nez du panier" pour lui donner une forme arrondie. Pour maintenir la forme remontée "du nez", l'on ficelle le tout et on peut dès lors commencer à mettre les arçons du fond.

 

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4-/ Mise en place du fond et des autres "mètres" :

 

Bûcher auparavant deux bouts de châtaigner, et épointer leurs extrémités, avec le "piq'jeud" piquer les yeux pour faire un avant trou puis enfiler les mètres.

Les mètres du fond doivent être légèrement au dessus du niveau de l'anse. Le panier doit à présent tenir sur "ces pattes", lorsqu'on le pose à plat, il ne doit pas être bancal, "il ne doit pas pencher du côté de la pié".

Afin de bien fixer les arçons (mètres) du fond, on réalise un tour d'osier, on passe toujours un coup dessus, un coup dessous, c'est le tressage également appelé le "trollage".

A chaque fois que l'on ajoute un mètre, on "trolle" un petit peu, ensuite on prépare deux autres mètres qui reprendront la forme du tour et on les "musse".

Ensuite il faut faire deux autres mètres que l'on place au fond, ils doivent également être du même niveau que ceux posés précédemment.
Après, on place deux autres mètres en haut dans le même alignement que le tour, et l'on tresse encore un peu.
Au fur et à mesure du tressage, on ne doit pas omettre d'effectuer des "courts", c'est à dire que l'on fait demi-tour sur un mètre afin de rattraper le retard occasionné par l'arrondi du panier. Il faut faire les "courts" le plus tôt possible, avec la partie la plus fine de l'osier (pour éviter que cela fasse grossier). On ne fait jamais un court deux fois sur le même mètre.
On procède ensuite à la mise de deux autres mètres en haut, ils ne suivent pas tout à fait l'alignement du tour, ils osent placés légèrement en dessous pour donner la forme arrondie au fond du panier. Le nombre de mètre varie en fonction de la profondeur du panier. Entre chaque mètre, il faut veiller à maintenir un écart identique, pour cela on peut utiliser des ficelles.
En fonction de l'écart entre les mètres, on peut en rajouter, ici on en rajoute deux au fond. On peut "musser" les arçons deux par deux à partir du moment où il y a de la place.

Maintenant que tous les mètres sont placés, il ne reste plus qu'à "troller", c'est un jeu d'enfant, un coup dessus, un coup dessous. On commence toujours par le gros bout, et quand le brin d'osier est fini, on le coince sur le tour précédent.

Sébastien Guillet

    

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Sébastien et "Pépé" Coterel

Merci à Sébastien et Mr et Mme Coterel pour leur gentillesse

Mr et Mme Coterel

Des liens vers des sites de vannerie :

La chanson du vannier

 

Brins d'osier, brins d'osier,

Courbez vous assouplis sous les doigts du vannier

Brins d'osier, vous serez le lit frêle où la mère

Berce un petit enfant aux sons d'un vieux couplet :

L'enfant, la lèvre encore toute blanche de lait,

S'endort en souriant dans sa couche légère.

Brins d'osier, brins d'osier,

Courbez vous assouplis sous les doigts du vannier

Vous serez le panier plein de fraises vermeilles

Que les filles s'en vont cueillir dans les taillis.

Elles rentrent le soir, rieuses, au logis,

Et l'odeur des fruits mûrs s'exhale des corbeilles.

Brins d'osier, brins d'osier,

Courbez vous assouplis sous les doigts du vannier

Vous serez le grand van où la fermière alerte 

Fait bondir le froment qu'ont battu les fléaux,

Tandis qu'à ses côtés des bandes de moineaux 

Se disputent les grains dont la terre est couverte.

Brins d'osier, brins d'osier,

Courbez vous assouplis sous les doigts du vannier

 

André THEURIET (1833 - 1907)

 

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